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Garantie bris de glace : périmètre, plafonds, exclusions

Par Romain Carlier · Publié le · 16 min lecture

Une baie vitrée fissurée par un choc, une plaque vitrocéramique fendue, un insert de cheminée éclaté : le bris de glace est l’un des sinistres les plus banals de la vie domestique, et pourtant l’un des plus mal connus des assurés. Beaucoup découvrent au moment du devis que leur contrat ne couvre pas la vitre en cause, que le plafond est inférieur au coût du remplacement ou que la franchise absorbe l’essentiel de l’indemnisation.

Ce guide passe en revue le périmètre réel de la garantie bris de glace en multirisque habitation, les plafonds et franchises pratiqués, les exclusions qui reviennent dans tous les contrats et la marche à suivre pour déclarer le sinistre. Il précise aussi quand le bris de vitrage relève d’une autre garantie, climatique notamment, ce qui change tout pour l’indemnisation. À jour au juillet 2026.

Que couvre la garantie bris de glace en assurance habitation ?

La garantie bris de glace couvre le remplacement des vitrages du logement cassés ou fissurés à la suite d’un événement accidentel, dans la limite du périmètre, du plafond et de la franchise fixés au contrat. Elle fait partie des garanties socles de la plupart des formules multirisques habitation, mais son contenu varie beaucoup plus qu’on ne l’imagine d’un assureur à l’autre.

Le principe est simple : l’assureur prend en charge la fourniture et la pose d’un vitrage équivalent à celui qui a été brisé, que la casse résulte d’un choc, d’une maladresse, d’un accident domestique ou d’un acte de vandalisme selon les contrats. Peu importe, dans la majorité des formules, que le responsable soit un tiers, un membre du foyer ou l’assuré lui-même : c’est le caractère accidentel qui compte, pas l’identité du maladroit.

Cette garantie fonctionne en complément des autres volets du contrat. Une fenêtre brisée lors d’un cambriolage relève de la garantie vol au titre des détériorations immobilières, une baie soufflée par une explosion relève de la garantie explosion, un vitrage détruit par la grêle relève le plus souvent de la garantie événements climatiques. Le rôle propre du bris de glace est de couvrir les casses accidentelles qui n’entrent dans aucune autre case. Pour situer cette garantie dans l’ensemble du contrat, notre guide complet de la multirisque habitation détaille l’architecture des garanties.

L’enjeu financier n’est pas anecdotique. Le remplacement d’un simple double vitrage de fenêtre se facture couramment entre 150 et 400 euros pose comprise, une baie vitrée coulissante grimpe vite entre 800 et 2 500 euros, et une verrière ou une véranda peut dépasser plusieurs milliers d’euros. Face à ces montants, le trio périmètre, plafond, franchise décide de ce que vous toucherez réellement.

Quels vitrages entrent dans le périmètre de la garantie ?

Le périmètre standard comprend les vitrages du bâtiment (fenêtres, portes-fenêtres, baies vitrées, impostes), tandis que les éléments comme la véranda, l’insert de cheminée, la plaque vitrocéramique ou les panneaux solaires ne sont couverts que si le contrat les cite expressément. La lecture de la liste contractuelle est donc le premier réflexe, avant tout sinistre.

On peut classer les vitrages en trois cercles, du plus couramment couvert au plus incertain :

  • Le socle quasi universel : vitres des fenêtres et portes-fenêtres, baies vitrées fixes ou coulissantes, impostes et vasistas, parties vitrées des portes d’entrée. Tous les contrats ou presque les couvrent.
  • Les extensions fréquentes : vérandas et marquises, fenêtres de toit, miroirs fixés aux murs ou aux portes de placard, parois et pare-douches en verre, dessus de meuble en verre scellé, aquariums dans certaines formules haut de gamme. Leur couverture dépend de la formule choisie, et chaque élément peut avoir son propre sous-plafond.
  • Les cas à vérifier ligne par ligne : vitres d’insert de cheminée et de poêle, plaques de cuisson vitrocéramiques ou à induction, panneaux photovoltaïques et capteurs solaires, verrières d’atelier intérieures, garde-corps en verre. Ces éléments, coûteux à remplacer, sont précisément ceux que les formules d’entrée de gamme excluent.

Deux distinctions techniques méritent l’attention. D’abord, la garantie couvre les vitrages fixes ou scellés au bâtiment, pas les objets mobiliers en verre : le vase, la table basse non scellée, la vaisselle ou l’écran de télévision brisés relèvent d’autres garanties, quand ils sont couverts. Ensuite, certains contrats distinguent le verre des autres matériaux transparents : les plaques de polycarbonate d’une pergola ou les dalles translucides d’une toiture de véranda ne sont pas toujours assimilées à des vitrages.

Le statut d’occupation joue aussi. Le locataire assure les vitrages au titre de son contrat, car leur entretien courant lui incombe, tandis que le propriétaire non occupant couvre les vitrages entre deux locations via son assurance PNO. En copropriété, les vitrages des parties privatives relèvent du contrat de l’occupant, ceux des parties communes (verrière du hall, garde-corps vitrés des coursives) du contrat de l’immeuble.

Quels plafonds et franchises s’appliquent au bris de glace ?

L’indemnisation du bris de glace est doublement bornée : par un plafond annuel ou par sinistre, souvent compris entre 800 et 3 000 euros selon les formules, et par une franchise qui reste à votre charge, couramment fixée entre 60 et 180 euros. Ces deux paramètres, plus que le périmètre, expliquent la plupart des déceptions au moment du règlement.

Le plafond fonctionne selon des modalités variables. Certains contrats fixent un montant par sinistre, d’autres un montant annuel tous sinistres bris de glace confondus, d’autres encore un pourcentage du capital mobilier assuré. Les extensions (véranda, panneaux solaires, insert) portent fréquemment leur propre sous-plafond, inférieur au plafond général. Un exemple courant : un contrat plafonné à 1 500 euros par sinistre pour les vitrages du bâtiment, mais à 800 euros pour la véranda. Si le remplacement de la baie de véranda coûte 2 300 euros, l’assureur verse 800 euros moins la franchise, le reste demeure à votre charge.

La franchise s’applique à chaque sinistre. Sur un remplacement de fenêtre facturé 320 euros avec une franchise de 120 euros, l’indemnisation nette tombe à 200 euros. C’est pourquoi il est rarement rentable de déclarer un petit bris de glace : outre le faible gain net, la déclaration alimente votre historique de sinistralité, que l’assureur peut invoquer pour majorer la cotisation ou résilier à l’échéance. Le fonctionnement complet du mécanisme et les arbitrages possibles sont détaillés dans notre guide de la franchise en assurance habitation.

La vétusté, en revanche, joue peu sur ce poste : le verre ne se déprécie pas comme un meuble, et la plupart des assureurs indemnisent le vitrage en valeur de remplacement à neuf. Le sujet ressurgit toutefois pour les éléments mixtes, une véranda ancienne dont la structure doit être reprise avec le vitrage par exemple. Les règles générales d’abattement sont expliquées dans notre guide de la vétusté et de l’indemnisation.

Pour situer l’enjeu global, les ordres de grandeur du marché aident à comprendre la vigilance des assureurs sur ces petites garanties à forte fréquence : selon les chiffres clés publiés par France Assureurs pour l’assurance habitation en 2024, 4,6 millions de sinistres habitation ont donné lieu à indemnisation dans l’année, pour une charge totale de 8,0 milliards d’euros. Le dégât des eaux domine avec 44 % du nombre de sinistres et 30 % de la charge, l’incendie ne représente que 4 % des sinistres mais 25 % de la charge, et les garanties de fréquence comme le bris de glace se disputent le reste, ce qui explique des plafonds serrés et des franchises systématiques.

Quelles exclusions font échouer les dossiers bris de glace ?

Les refus s’appuient presque toujours sur les mêmes clauses : rayures et ébréchures sans bris, objets en verre non scellés, dommages survenus pendant des travaux, défaut d’entretien et bris volontaire. Ces exclusions figurent dans les conditions générales de tous les assureurs, avec des formulations proches.

Le tour d’horizon des exclusions classiques :

  • Les rayures, ébréchures et écaillements : la garantie couvre le bris, c’est-à-dire la cassure ou la fissure traversante, pas les atteintes superficielles. Une baie rayée par un nettoyage abrasif ne sera pas remplacée.
  • Les objets mobiliers en verre : table non scellée, miroir simplement posé, vaisselle, luminaires, écrans. Ils relèvent du capital mobilier et d’autres garanties, pas du bris de glace.
  • Les dommages pendant travaux ou déménagement : la casse survenue lors de la pose, la dépose, un chantier de rénovation ou un déménagement est très souvent exclue, l’assureur renvoyant vers la responsabilité de l’entreprise intervenante.
  • Le défaut d’entretien et la vétusté : mastic mort laissant jouer le vitrage, châssis pourri, joint de double vitrage fuyard provoquant l’embuage interne. L’usure n’est pas un accident.
  • Le bris volontaire par l’assuré ou avec sa complicité, exclusion de principe commune à toutes les garanties.
  • Les locaux en cours de construction ou les vitrages non encore posés, qui relèvent des assurances de chantier.
  • Les serres et vitrages horticoles dans la plupart des contrats standards, sauf extension jardin spécifique.

Un piège fréquent concerne la cause du bris plutôt que le vitrage lui-même. Si la vitre a cédé sous l’effet d’un événement garanti par un autre volet du contrat, l’assureur peut réorienter le dossier vers cette autre garantie, avec sa propre franchise et ses propres plafonds. L’arbitrage n’est pas neutre : la franchise climatique peut être supérieure à la franchise bris de glace, ou l’inverse. Vous ne choisissez pas la garantie applicable, c’est la cause du dommage qui la détermine, mais vous pouvez vérifier que la qualification retenue par l’assureur correspond bien aux faits déclarés.

Dernier point de vigilance, la déclaration inexacte. Présenter en bris accidentel une casse survenue pendant des travaux exclus constitue une fausse déclaration de sinistre, sanctionnée par la déchéance de garantie et, en cas de fraude caractérisée, par la nullité du contrat. La tentation est réelle sur ces petits sinistres, le risque est disproportionné.

Grêle, tempête, cambriolage : quelle garantie joue pour un vitrage brisé ?

Quand le vitrage est brisé par un événement extérieur identifié, c’est la garantie correspondant à cet événement qui s’applique en priorité : événements climatiques pour la grêle et la tempête, garantie vol pour l’effraction, catastrophe naturelle si un arrêté est publié. La garantie bris de glace ne sert alors que de filet pour les cas résiduels.

L’exemple de la grêle illustre l’ampleur que peut prendre le sujet. Lors des orages qui ont balayé la France entre le 18 juin et le 4 juillet 2022, France Assureurs a recensé 267 000 habitations sinistrées pour un coût de 1,07 milliard d’euros, au sein d’un épisode qui a généré au total près d’un million de sinistres et 3,9 milliards d’euros d’indemnisations estimées, toutes catégories confondues. Vitrages, fenêtres de toit et vérandas figuraient aux premiers rangs des dégâts constatés.

Dans ce cas de figure, le vitrage détruit par les grêlons est indemnisé au titre de la garantie tempête, grêle et neige, obligatoirement incluse dans tout contrat couvrant l’incendie. Les plafonds spécifiques du bris de glace ne s’appliquent pas, ce qui est généralement plus favorable pour une véranda ou une verrière, mais la franchise climatique du contrat, parfois plus élevée, est retenue. Si l’événement donne lieu à un arrêté de catastrophe naturelle, le régime légal prend le relais avec sa franchise réglementaire, dont le fonctionnement est détaillé dans notre guide de la garantie catastrophe naturelle.

Le vitrage brisé lors d’un cambriolage suit la même logique : il est indemnisé au titre des détériorations immobilières de la garantie vol, à condition que le vol soit lui-même garanti. Quant à la vitre cassée par un tiers identifié, un voisin qui tond sa pelouse et projette un caillou par exemple, vous pouvez soit actionner votre garantie bris de glace, votre assureur exerçant ensuite un recours contre le responsable, soit demander réparation directement à l’assurance de responsabilité civile du tiers, ce qui évite votre franchise mais allonge les délais.

Comment déclarer un bris de glace et obtenir l’indemnisation ?

La déclaration s’effectue auprès de l’assureur dans un délai de 5 jours ouvrés à compter de la découverte du dommage, avec photos, descriptif et devis de remplacement à l’appui. Ce délai est fixé par l’article L113-2 du Code des assurances, le même que pour la plupart des sinistres habitation, contre 2 jours ouvrés seulement en cas de vol.

La marche à suivre tient en cinq étapes :

  1. Sécurisez sans effacer les preuves : ramassez les éclats dangereux, bâchez l’ouverture si nécessaire, mais photographiez d’abord le vitrage brisé sous plusieurs angles, avec un plan large situant la pièce et des gros plans sur la cassure.
  2. Déclarez sous 5 jours ouvrés : par l’espace client, par téléphone ou par lettre recommandée, en décrivant les circonstances exactes, la nature du vitrage (dimensions, simple ou double vitrage, élément concerné) et la cause du bris.
  3. Joignez un devis de remplacement : établi par un vitrier ou un menuisier, il chiffre la fourniture et la pose. Pour les montants modestes, l’assureur règle souvent sur devis ou facture sans expertise.
  4. Attendez l’accord avant les travaux définitifs : seules les mesures conservatoires d’urgence peuvent être engagées immédiatement. Pour un vitrage important, l’assureur peut mandater un expert dont le rôle est décrit dans notre guide de l’expertise après sinistre.
  5. Conservez la facture finale : elle sert de base au règlement, plafond et franchise déduits, et de justificatif en cas de contrôle ultérieur.

Beaucoup d’assureurs proposent désormais le passage direct d’un vitrier partenaire, sans avance de frais hors franchise. La formule est confortable, mais rien ne vous oblige à l’accepter : le libre choix du réparateur reste la règle, et un artisan local peut être plus rapide ou moins cher que le réseau de l’assureur.

En cas de désaccord sur la qualification du sinistre, le plafond retenu ou le montant proposé, la voie est la même que pour tout litige d’assurance : réclamation écrite auprès du service dédié de l’assureur, puis saisine gratuite du Médiateur de l’Assurance, avant un éventuel recours judiciaire. La fiche officielle de Service-Public.fr sur l’assurance habitation récapitule les garanties du contrat multirisque et les recours de l’assuré.

Comment optimiser sa garantie bris de glace avant le sinistre ?

Le bon réflexe consiste à faire coïncider le périmètre garanti avec les vitrages réellement présents chez vous, en ajustant la formule ou les options au moment de la souscription ou du renouvellement. Cinq vérifications suffisent :

  • Inventoriez vos surfaces vitrées atypiques : véranda, verrière, fenêtres de toit, insert, plaque vitrocéramique, garde-corps en verre, panneaux solaires. Chacune doit apparaître dans la liste contractuelle ou dans une extension.
  • Comparez le plafond au coût réel de remplacement : demandez un ordre de prix à un vitrier pour votre plus grande baie. Un plafond de 1 000 euros face à une baie coulissante à 2 000 euros signale une formule sous-dimensionnée.
  • Regardez la franchise autant que la cotisation : entre deux contrats proches, 60 euros de franchise au lieu de 150 changent le gain net sur un sinistre courant bien plus que quelques euros de cotisation annuelle.
  • Vérifiez la présence du vandalisme : le vitrage brisé par un inconnu sans tentative d’intrusion relève selon les contrats du bris de glace, de la garantie vandalisme ou d’aucune des deux. Le point mérite une question écrite à l’assureur.
  • Relisez la clause à chaque changement : pose d’une véranda, installation de panneaux solaires ou d’un poêle à vitre, chaque nouvel équipement vitré doit être signalé à l’assureur pour intégrer la garantie.

Ces vérifications prennent une demi-heure et évitent la double peine classique : payer une cotisation pour une garantie qui, le jour venu, ne couvre ni le bon vitrage ni le bon montant.

Questions fréquentes

La garantie bris de glace est-elle obligatoire dans un contrat habitation ?

Non, aucune loi n’impose la garantie bris de glace. Elle figure néanmoins dans la quasi-totalité des contrats multirisques habitation, tantôt dans le socle de base, tantôt en option. Le locataire n’est légalement tenu que de couvrir les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux), mais un vitrage cassé non couvert reste à sa charge, car l’entretien courant des vitres incombe au locataire. Vérifiez la présence de la garantie et son périmètre exact dans vos conditions particulières.

La vitre cassée par mon enfant ou par moi-même est-elle couverte ?

Oui dans la plupart des contrats : la garantie bris de glace joue quelle que soit la cause accidentelle, y compris la maladresse de l’assuré ou d’un membre du foyer, ballon dans la baie vitrée, choc de meuble en déménageant, porte-fenêtre claquée par un courant d’air. En revanche, l’acte volontaire de l’assuré est toujours exclu, de même que, selon les contrats, les dommages causés pendant des travaux. La franchise reste due, ce qui rend la déclaration inutile pour une petite vitre dont le remplacement coûte moins cher que la franchise.

L’insert de cheminée ou la plaque vitrocéramique entrent-ils dans le périmètre ?

Uniquement si le contrat le prévoit expressément. Les formules d’entrée de gamme se limitent aux vitrages du bâtiment (fenêtres, portes-fenêtres, baies). Les formules intermédiaires et haut de gamme étendent le périmètre aux vitres d’inserts de cheminée, plaques de cuisson vitrocéramiques ou à induction, miroirs fixés aux murs, marquises et vérandas. Chaque extension s’accompagne souvent d’un plafond spécifique. La liste exacte figure dans le tableau des garanties de vos conditions générales, à la ligne bris de glace ou bris de vitres.

Que faire si le devis de remplacement dépasse le plafond de la garantie ?

Commencez par vérifier si le sinistre ne relève pas d’une autre garantie mieux dotée : une baie brisée par la grêle peut être indemnisée au titre des événements climatiques, souvent sans plafond spécifique bris de glace. Demandez ensuite à l’assureur le détail du calcul (plafond, vétusté, franchise) et faites établir un second devis, les écarts de prix entre vitriers étant importants. Si le désaccord persiste, adressez une réclamation écrite puis saisissez gratuitement le Médiateur de l’Assurance. Au prochain renouvellement, renégociez le plafond ou changez de formule.

Le double vitrage embué par condensation interne est-il indemnisé ?

Presque jamais. La condensation entre les deux parois d’un double vitrage traduit une perte d’étanchéité du joint, c’est-à-dire un phénomène d’usure progressive et non un bris accidentel. Les contrats excluent les dommages résultant de la vétusté ou du défaut d’entretien, et l’embuage interne entre dans cette catégorie. La prise en charge relève plutôt de la garantie décennale ou biennale si le vitrage est récent, ou du propriétaire dans une location, le remplacement d’un vitrage devenu inefficace relevant des grosses réparations.

Sources légales et références

  • Code des assurances, article L113-2 sur les obligations de l’assuré et le délai de déclaration de sinistre de 5 jours ouvrés, consultable sur Légifrance.
  • France Assureurs, chiffres clés « L’assurance habitation en 2024 » : 4,6 millions de sinistres indemnisés et 8,0 milliards d’euros de charge, sur franceassureurs.fr.
  • France Assureurs, communiqué sur les intempéries de mai à juillet 2022 : 267 000 habitations sinistrées pour 1,07 milliard d’euros, sur franceassureurs.fr.
  • Service-Public.fr, fiche pratique « Assurance habitation : garanties du contrat multirisques », sur service-public.fr.
  • Le Médiateur de l’Assurance, recours gratuit en cas de litige sur la qualification ou le montant d’une indemnisation, sur mediation-assurance.org.

Rédigé par Romain Carlier, rédacteur spécialisé assurance habitation chez Foyer Sécurisé. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un conseil personnalisé d’un assureur ou d’un courtier agréé par l’ACPR.

Questions fréquentes

La garantie bris de glace est-elle obligatoire dans un contrat habitation ?
Non, aucune loi n'impose la garantie bris de glace. Elle figure néanmoins dans la quasi-totalité des contrats multirisques habitation, tantôt dans le socle de base, tantôt en option. Le locataire n'est légalement tenu que de couvrir les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux), mais un vitrage cassé non couvert reste à sa charge, car les conventions de location mettent l'entretien courant des vitres au compte du locataire. Vérifiez la présence de la garantie et son périmètre exact dans vos conditions particulières.
La vitre cassée par mon enfant ou par moi-même est-elle couverte ?
Oui dans la plupart des contrats, la garantie bris de glace joue quelle que soit la cause accidentelle, y compris la maladresse de l'assuré ou d'un membre du foyer : ballon dans la baie vitrée, choc de meuble en déménageant, porte-fenêtre claquée par un courant d'air. En revanche, l'acte volontaire de l'assuré est toujours exclu, de même que, selon les contrats, les dommages causés pendant des travaux. La franchise reste due, ce qui rend la déclaration inutile pour une petite vitre dont le remplacement coûte moins cher que la franchise.
L'insert de cheminée ou la plaque vitrocéramique entrent-ils dans le périmètre ?
Uniquement si le contrat le prévoit expressément. Les formules d'entrée de gamme se limitent aux vitrages du bâtiment (fenêtres, portes-fenêtres, baies). Les formules intermédiaires et haut de gamme étendent le périmètre aux vitres d'inserts de cheminée, plaques de cuisson vitrocéramiques ou à induction, miroirs fixés aux murs, marquises et vérandas. Chaque extension s'accompagne souvent d'un plafond spécifique. La liste exacte figure dans le tableau des garanties de vos conditions générales, à la ligne bris de glace ou bris de vitres.
Que faire si le devis de remplacement dépasse le plafond de la garantie ?
Commencez par vérifier si le sinistre ne relève pas d'une autre garantie mieux dotée : une baie brisée par la grêle peut être indemnisée au titre des événements climatiques, souvent sans plafond spécifique bris de glace. Demandez ensuite à l'assureur le détail du calcul (plafond, vétusté, franchise) et faites établir un second devis, les écarts de prix entre vitriers étant importants. Si le désaccord persiste, adressez une réclamation écrite puis saisissez gratuitement le Médiateur de l'Assurance. Au prochain renouvellement, renégociez le plafond ou changez de formule.
Le double vitrage embué par condensation interne est-il indemnisé ?
Presque jamais. La condensation entre les deux parois d'un double vitrage traduit une perte d'étanchéité du joint, c'est-à-dire un phénomène d'usure progressive et non un bris accidentel. Les contrats excluent les dommages résultant de la vétusté ou du défaut d'entretien, et l'embuage interne entre dans cette catégorie. La prise en charge relève plutôt de la garantie décennale ou biennale si le vitrage est récent, ou du propriétaire dans une location, le remplacement d'un vitrage devenu inefficace relevant des grosses réparations.

Romain Carlier

Rédacteur spécialisé assurance habitation

Romain Carlier rédige les décryptages assurance habitation de Foyer Sécurisé : garanties locataire et propriétaire, PNO, copropriété, sinistres dégât des eaux. Il s'appuie sur le Code des assurances et les conditions générales publiques des assureurs pour clarifier les contrats.

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